Née à Rome le 9 novembre 1902, Mafalda, de son vrai nom Anna Maria Elisabetta Romana de Savoie, est la fille de Victor-Emmanuel III d’Italie et d’Hélène, princesse de Monténégro. Elle épouse le 23 septembre 1925 au château de Racconigi prés de Turin, Philippe de Hesse-Cassel, dont la compromission avec le régime national-socialiste ne fait aucun doute. Il n’est pas le seul d’ailleurs à l’intérieur des grandes dynasties de l’aristocratie allemande à jouer la carte hitlérienne. Le Führer saura puiser dans ce milieu, comme dans celui des affairistes, des soutiens fidèles et peu regardants.
Philippe de Hesse-Cassel rassemble à lui seul les « tares » de la soumission au pouvoir perdu. Plus
enclin aux Beaux Arts qu’au fait militaire, celui-ci pourtant déambule dans les rues vêtu d’un uniforme kaki barré d’une croix gammée sans équivoque. Peut-on en attendre moins de celui qui gagne
le respect de Hitler en lui ouvrant les arcannes du parti fasciste italien, et en organisant un marché d’objets précieux rendu possible par sa proximité avec la famille royale italienne. Mafalda,
impliquée par son lien avec l’aristocrate allemand devenu le serviteur des nazis, garde tout de même ses distances avec Hitler et ses sbires. Au point que Hitler ne cache guère son agacement et
ses griefs contre celle qu’il baptise vulgairement la « charogne de la maison royale italienne » !
Mais en juillet 1943, l’échiquier italien est balayé. Mussolini destitué, Victor-Emmanuel III noue de nouvelles alliances politiques, alors que
du point de vue militaire, les Alliés se servent de la Sicile comme marche pied avant d’envahir l’Italie. Le 8 septembre, c’est la capitulation.
1995 – Série des événements historiques de la seconde guerre mondiale : portrait
de Mafalda de Savoie – Dentelé 14 x 13½ - Pays émetteur : Italie – Valeur faciale : 750 lires.
S’estimant trahi, Hitler lance immédiatement les représailles contre la famille de Mafalda. Si leurs enfants trouvent refuge au Vatican, Philippe de Hesse-Cassel, lui, est placé en résidence surveillée en Bavière. Le 23 septembre 1943, Mafalda tombe dans un piège en se rendant à l’ambassade d’Allemagne en Bulgarie, alors qu’elle assiste aux funérailles de son beau-frère, le roi Boris III. Ramenée à Berlin, victime de mauvais traitements et en particulier d’interrogatoires « musclés », elle est finalement transférée dans le camp de Buchenwald. Albert Speer commentera ainsi le destin du couple : « L’arrestation du prince et de sa femme venait rappeler à tous ceux qui comme eux étaient les proches de Hitler, qu’ils s’étaient irrémédiablement jetés dans ses griffes […] et que Hitler pouvait recourir à la même méthode vile et sournoise pour épier tous ceux de son entourage et leur réserver un sort identique, sans qu’ils aient la moindre possibilité de se justifier ».
Le 24 août 1944, les Alliés bombardent une usine de munitions implantée dans l’enceinte du camp. Mafalda se trouve à cet instant dans un bâtiment adjacent, et subit avec ses camarades l’attaque de plein fouet. On dénombrera plus de 400 morts sous les décombres parmi les déportés. Mafalda n’a pas été épargnée. Blessée mortellement au cou et au bras dont elle sera amputée, elle décède dans la nuit du 26 au 27 août des suites des hémorragies subies, sans avoir repris connaissance.
La famille royale italienne n’eut connaissance de la mort de Mafalda qu’en 1945 avec les investigations des forces alliées. Philippe de Hesse-Cassel décédera quant à lui en 1981.
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Portrait paru dans le journal L'HUMANITE le 8
septembre 1944
Pour ce visiteur, le choc est à la hauteur du contraste.
Faisant table rase de la verdure, une minéralité horizontale projette jusqu’à la verticale de l’eau son bunker plan et déprimé. S’il s’était agi d’un tombeau, que le repos devait être aisé
à
L'épreuve
de la sélection. Thomas est séparé de sa mère. Il ne la reverra plus.
Le 11 avril 1945: la liberté
retrouvée.
Marcel Lascoumes - Camp
d'Oranienburg-Sachsenhausen-Matricule 66210





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